Réouverture de prestige pour l'Opéra Royal de Versailles

Publié le par Lova Pourrier


Le grand événement versaillais du moment n'est plus l'exposition de Xavier Veilhan mais la réouverture de l'Opéra Royal.
Après deux ans de travaux et 13,5 millions d'euros de dépenses pour l'Etat, "la plus belle salle qu'on eût jamais vue en Europe", renaît de ses cendres.
Une soirée d'inauguration très hype et VIP a eu lieu le 21 septembre dernier, présidée par Jean-Jacques Aillagon, le président du musée et du domaine national de Versailles.
Soirée fastueuse s'il en est : après un accueil au champagne et les remerciements d'usage, le discours inaugural ("Il faut que toutes les gloires de la France se retrouvent à Versailles"), un concert de trois chanteurs interprétant Mozart, Gluck et Haydn, trois maîtres autrichiens favoris sous Marie-Antoinette, a été donné.
Puis, un dîner de gala a été servi dans la Galerie des glaces avec cascades d'orchidées blanches et nuées de roses rouges. (Rappelons que le lieu est traditionnellement réservé à de rares et prestigieux dîners de Chefs d’Etat).
Il a été suivi d'un feu d'artifice dont les anciennes fêtes royales n'auraient pas eu à rougir.
Parmi les invités : le Premier ministre, François Fillon, le Ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, Carole Bouquet, Bernadette Chirac, Juliette Gréco...


Le lieu est magnifique : un décor de velours vert d'Utrecht à faire pâlir les rouges et ors des théâtres italiens.
Partie intégrante du château de Versailles, l’Opéra Royal est l’un des plus beaux théâtres de cour d'Europe et constitue l’un des éléments remarquables du domaine de Versailles sur les plans architecturaux, décoratifs, techniques et scéniques.
C'est un outil génial pour l'époque : une salle modulable qui peut, grâce à son parquet monté sur cric et à sa balustrade mobile, se transformer en salle de bal ou de festin.


L'histoire de l'Opéra de Versailles remonte à Louis XIV qui souhaitait une salle des ballets. Commandée à Jules Hardouin-Mansart en 1682, la construction de l’Opéra Royal fut menée par Jacques-Ange Gabriel pour être inaugurée en 1770 à l’occasion du mariage du futur Louis XVI avec Marie-Antoinette. C'est là que furent donnés le festin royal et le bal paré. Les festivités du mariage furent somptueuses.
La salle, transformée lourdement sous Louis-Philippe, perdit sa vocation théâtrale en 1871 pour abriter le Sénat et ce n'est qu'en 1957, après une vaste campagne de travaux, qu’elle retrouva son aspect d’Ancien Régime.

(Mariage du dauphin Louis Auguste de France, futur Louis XVI, et de Marie-Antoinette)

Mais le faste de cette soirée a un prix : les 400 spectateurs présents à la réouverture ont dû débourser de 1000 à 25 000 € la place pour assister au concert et au dîner.

Après cette réouverture en grande pompe, quid de la programmation de l'Opéra Royal ?
S'il est ouvert aux visiteurs tous les jours, le spectacle ne s'y donne pas tous les soirs. Cette salle de 660 places affichera une trentaine de levers de rideau cette saison (2009-2010), ce qui est en soi une révolution, car sous l'Ancien Régime, l'Opéra n'avait que très peu servi comme lieu de représentation, en raison de coûts d'exploitation exorbitants.
Le Centre de musique baroque de Versailles y programme Grétry : "L'Amant jaloux ou les Fausses Confidences", sous la baguette de Jérémie Rohrer, en novembre, puis, le 21, "Céphale et Procris".
À côté, Versailles spectacles y reçoit la trilogie Mozart-Da Ponte, Juliette Gréco, "Le Malade imaginaire", avec Michel Bouquet, en décembre, les dernières représentations du "Bourgeois gentilhomme" aux chandelles, du 6 au 14 mars, ainsi que la reprise d'Era La Notte, le 16 juin. La musique des XVIIe et XVIIIe sera également à l'honneur, avec de grandes voix comme celle de Barbara Hendricks en janvier.



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