Mes Journées du Patrimoine : l'Ecole militaire et le Palais Royal

Publié le par Lova Pourrier


Je trouve que les Journées du Patrimoine sont une excellente initiative, qui permettent aux visiteurs de découvrir des lieux qui ne sont pas ouverts au public le reste de l'année.
Les années précédentes, j'avais osé tenter l'Elysée, mais la perspective de faire quatre heures de queue m'a dissuadé de refaire la même erreur. J'ai donc visé moins ambitieux : l'Ecole militaire le samedi, et le Palais Royal le dimanche.

Une école royale

L'histoire de l'Ecole militaire remonte au règne de Louis XV. En 1748, la guerre de Succession d'Autriche s'achève. La France est victorieuse, mais la guerre n'a pas été facile et les combats ont montré le manque de préparation des régiments royaux. C'est pourquoi le maréchal de Saxe, qui avait combattu aux côtés des armées françaises, proposa au roi de fonder une école royale militaire. Il reçut le soutien du financier Pâris-Duverney et de la maîtresse du roi, la marquise de Pompadour. Ensemble, ils convainquirent Louis XV de créer une école pour former 500 jeunes nobles au métier des armes.


Le roi y vit une très bonne opportunité de laisser un témoignage de la grandeur de son règne. Aussi chargea-t-il son premier architecte, Ange-Jacques Gabriel, de dessiner les plans d'un édifice plus vaste et plus grandiose que l'Hôtel des Invalides, construit par son prédécesseur, Louis XIV. Jacques-Ange Gabriel put édifier cet ouvrage de 1751 à 1768 sur la plaine de Grenelle.
L'école devint en 1777 "l'Ecole des Cadets Gentilhommes" et reçut comme illustre élève le jeune Bonaparte en 1784.
Après une fermeture en 1787, l'école réouvrit en 1878 en tant qu'Ecole supérieure de guerre.
L'Ecole Militaire accueille aujourd'hui le collège Interarmées de Défense.


Le bâtiment fut plusieurs fois pressenti pour héberger les services de la présidence de la République, à la place de l'Elysée, notamment par Valéry Giscard d'Estaing et Nicolas Sarkozy.
Inutile de dire que si cela s'était fait, je n'aurais pas pu visiter les lieux aussi facilement : pas la moindre queue à mon arrivée vers onze heures du matin, et des visites guidées gratuites régulières par des conférenciers.

Le monument est superbe, en particulier son château et sa cour d'honneur. Théâtre de l’Histoire, l’École garde dans ses murs des traces discrètes des événements historiques. Les dégradations subies sous la Révolution sont encore visibles sur les marches de l’escalier d’honneur, déjà peint en gris en son temps car la rampe en plaqué or était jugée trop luxueuse. Dans le salon des Maréchaux (magnifique), on voit sur le miroir la trace d'une balle, ainsi que dans la bibliothèque, réminiscences des troubles de la Commune.

 

Le Palais Royal, de Richelieu à Mitterrand

 

 

Moins de chance le dimanche car il y avait une queue d'une heure à notre arrivée au siège du Ministère de la Culture. Tout de suite, ça refroidit mais nous n'avions pas d'autre alternative, et cela aurait été sûrement pareil dans d'autres endroits. Bon.
Contrairement aux premiers visiteurs du matin, nous n'avons pas été accueillis par le ministre en personne, Frédéric Mitterrand. En revanche, nous avons pu admirer son bureau, sur lequel trônait l'ouvrage Un roman français de Frédéric Beigbeder. J'ai été déçue de voir dans un haut lieu de la culture le livre d'un auteur si people. Le Ministère de la Culture devrait donner l'exemple en encourageant la littérature moins médiatique, plus originale, dont on nous bassine moins les oreilles dans tous les journaux et à la télé (je sais, je rêve un peu trop). Enfin, bref.

(Ci-dessus le bureau du ministre. Le livre de Beigbeder est l'ouvrage à la couverture jaune).



Du Palais Cardinal au Ministère de la Culture


Le Palais Royal date de 1622. A l'époque, il se nommait le Palais Cardinal car c'était la résidence du cardinal de Richelieu. A sa mort, Richelieu le légua à Louis XIII.
Quand ce dernier décéda, la régente, Anne d'Autriche, son fils, Louis XIV et le cardinal Mazarin quittèrent le Louvre pour y habiter. Il prit alors son nom de "Palais royal".
En 1661, Louis XIV s’installa au Louvre et c’est son frère Philippe qui reçut le palais en apanage. Le palais devint dès lors la demeure des ducs d'Orléans.
À la veille de la Révolution française, le palais appartenait à Philippe IV d’Orléans (futur Philippe-Égalité) qui le fit reconstruire suite à un incendie survenu en 1773. Il en fit un haut lieu parisien, y installant des boutiques, des théâtres, des cafés, un jardin… Le Palais-Royal devint un lieu d’agitation et de débauche. À l’époque de la Révolution, il fut un centre d'agitation populaire. Les orateurs y haranguaient la foule. Ainsi, le 12 juillet 1789, dans un discours demeuré célèbre, Camille Desmoulins harangua la foule.
C’est de là que partit également le 5 octobre 1789 la députation qui s’élevait contre le veto royal. Plusieurs milliers de personnes partirent du Palais-Royal et marchèrent sur le château de Versailles.

(Le salon Jérôme, ancienne chambre de parade du duc et de la duchesse d'Orléans)

 

Avec l'accession du duc d'Orléans à la couronne de France en 1830, le Palais-Royal fut brièvement la résidence du chef de l'Etat, Louis-Philippe, roi des Français, du 9 août 1830 à son installation aux Tuileries, en septembre 1831.
En 1871, sous la Commune, le palais fut détruit. Il sera restauré deux ans plus tard pour recevoir le Conseil d’État.
Aujourd'hui, il héberge également le Conseil constitutionnel, le Ministère de la Culture et la Comédie-Française.

 

(Salle de la section des finances, au Conseil d'Etat)


J'ai beaucoup aimé les parties de l'édifice occupées par le Ministère de la Culture ainsi que celles du Conseil Constitutionnel (reflet de l'époque Empire). J'ai moins aimé celles du Conseil d'Etat, plus strictes.
Le Palais fait actuellement l'objet de travaux - réfection des colonnes de Buren -, ce qui gâche un peu la visite, mais il vaut vraiment le détour. Les jardins sont également très agréables. C'était déjà l'un des endroits de promenade favoris des Parisiens au XVIIIe siècle.

 

(Grand salon, Conseil Constitutionnel)

Réagir dans le forum.

 

Commenter cet article