La vie de château, le prix du logement à Versailles

Publié le par Lova Pourrier


Vivre dans la ville du Roi-Soleil a un prix. En dépit de la crise immobilière et d'un marché morose (baisse de 40% du nombre de transactions), les prix du mètre carré demeurent élevés à Versailles, surtout dans les quartiers historiques.
Avec un prix moyen de 4670 euros le mètre carré pour les appartements anciens (fin 2008), Versailles demeure la ville la plus chère des Yvelines après sa voisine, la non moins royale, Saint-Germain-en-Laye.

La Cour de Marbre

Les acheteurs sont attirés par cette ville touristique, dotée d'un prestigieux passé, et située à une demi-heure de Paris.
Les quartiers historiques de Notre-Dame, de Saint-Louis et de l'Ermitage sont les plus demandés. Malgré la baisse des prix, le secteur reste inabordable à l'achat pour la plupart des gens. Les appartements s'y négocient entre 4200 et 5500 euros le mètre carré, rejoignant les prix des meilleures villes du 92. Côté location, il faut compter environ 17 euros en moyenne le mètre carré, soit 1020 euros pour un 3 pièces de 60m².

Le quartier Notre-Dame

Seules les communes qui l'entourent constituent une possibilité pour les ménages au budget plus limité. Ainsi, à Bois-d'Arcy ou à Jouy-en-Josas par exemple, on peut acquérir un appartement pour 2500 euros le mètre carré environ. Reste qu'elles n'ont pas le même rayonnement...
C'est dire la réussite du projet de Louis XIV qui créa de toutes pièces cette ville pour en faire le siège de la Cour.
Plus de trois siècles plus tard, elle est toujours aussi côtée.

La crise du logement sous l'Ancien Régime

La difficulté des Français à se loger à Versailles ne date pas d'hier. Déjà, au XVIIIe siècle, il était très difficile de trouver un logement au et près du château de Versailles, centre nerveux du pouvoir et de la ville.
Rappelons que servir à la Cour conférait le droit d'y résider : le roi était censé loger ses officiers, civils et militaires.
Une indemnité compensatoire était proposée à ceux qui acceptaient d'habiter en ville. Mais le prestige du château amenait les plus grands à préférer vivre à la Cour plutôt qu'ailleurs, même si cela signifiait renoncer à un superbe hôtel particulier pour un petit appartement.

Le quartier Saint-Louis

En raison d'une demande bien supérieure à l'offre, certains courtisans devaient se contenter d'un appartement de faible taille, mal placé ou insalubre. Quant à la domesticité, n'en parlons pas. Un Grand Commun (annexe du château) délabré et inconfortable était réservé à la plupart. Certains dormaient dans des galetas, des chambrettes ou des réduits sous les toits. 
Pour obtenir une place au château, c'était donc le parcours du combattant, à base de piston, placets et lettres. Faveur royale, réseau d'amitiés, tout était bon pour défendre sa cause. 
Le summum du prestige pour un courtisan était d'avoir ses appartements près de ceux du roi : les logements les plus proches du souverain étaient les plus convoités, et donc réservés aux familles les mieux nées et aux grands officiers de la Couronne.

Le roi fait flamber les prix

Suite à l'établissement de la Cour à Versailles en 1682, les loyers explosèrent et atteignirent des sommets. Tout un ensemble d'hôtels, d'auberges, de chambres garnies, de tavernes vit le jour. 
Les établissements hôteliers touchaient toutes les catégories, des plus luxueux aux plus ordinaires. La proximité du château valait nos étoiles actuelles pour juger de la qualité d'un établissement.

Pour répondre à cette crise du logement, des résidences furent construites à proximité du château, mais elles ne suffirent pas. Des indemnités furent octroyées.
On ne se résignait à résider en ville qu'à contre-coeur, du fait des loyers élevés et de l'éloignement du château.

Conclusion :  1682, 2009, même combat. Les quartiers les plus prisés et les plus côtés de Versailles sont toujours ceux situés à proximité du château.

Sources : NEWTON (William Ritchey), Derrière la façade. Vivre au château de Versailles au XVIIIe siècle, Perrin, 2008, 268 p.
Pour les chiffres : lexpress.fr et lavieimmo.com

Commenter cet article