Comment être publié (tiré de www.lovapourrier.com)

Publié le par Lova Pourrier

Beaucoup d'auteurs non publiés me demandent des conseils pour accéder au Saint-Graal de la publication.
Je ne prétends pas détenir la réponse à cette interrogation, toutefois je peux faire part de mon expérience et de mon cheminement pour y arriver. Peut-être ceux-ci aideront-ils les auteurs désireux de tenter leur chance...

1. Soyez sûr que votre manuscrit est publiable
Cela peut paraître évident, et pourtant nombre d'éditeurs reçoivent tous les jours quantité de manuscrits de qualité médiocre, certains bourrés de fautes d'orthographe et de français, la plupart étant des récits à forte teneur autobiographique (à moins que l'auteur soit connu, les récits autobiographiques intéressent peu les éditeurs). C'est la partie la plus importante du processus, et pourtant la moins prise au sérieux, de nombreux écrivains en herbe manquant d'humilité, persuadés que leur oeuvre est forcément excellente.
Comment savoir si votre manuscrit est de qualité suffisante pour être publié ? Non pas en demandant l'avis de vos parents ou de vos proches (ceux-ci, du fait de leur position, pouvant difficilement critiquer votre prose)... mais en sollicitant l'avis de personnes neutres (pas des amis donc), de préférence des personnes littéraires, passionnées de lecture, voire mieux, faisant partie du milieu littéraire. On trouve sur Internet des tas de groupes, forums... où l'on peut échanger avec d'autres auteurs, parler de son travail et trouver des bêta-lecteurs. Fouillez un peu le Web, vous les trouverez aisément.
Pour ma part, j'ai obtenu un avis sur mon manuscrit en le soumettant à une lectrice appartenant à une association littéraire. Celle-ci l'avait adoré, alors que je doutais de moi-même. Je ne la connaissais ni d'Eve ni d'Adam, son avis ne pouvait donc être biaisé.
Mon expérience m'a montré que les meilleurs auteurs sont souvent les plus humbles, ceux qui sont capables d'accepter la critique, de se remettre en question, contrairement à certains écrivains du dimanche convaincus de leur talent et qui insultent les éditeurs qui ne reconnaissent pas leur génie en refusant de les publier.
Bref, avant toute chose, demandez-vous sérieusement si vous seriez vraiment prêt à payer 20 euros pour votre livre s'il était publié.
Note : on me souffle à l'oreille qu'il y a quand même beaucoup de mauvais livres dans les rayons des libraires.. Certes, mais ils émanent de personnalités connues ou d'auteurs bankables, ils se vendront donc toujours, et c'est tout ce qui importe à l'éditeur.

2. Ciblez les éditeurs en fonction des livres qu'ils publient

C'est encore un conseil qui paraît évident, pourtant, encore une fois, nombre d'éditeurs reçoivent tous les jours quantité de manuscrits ne correspondant pas à ce qu'ils publient (ce qu'on appelle la ligne éditoriale) : des recueils de poèmes alors qu'ils ne font que des romans, du comique alors qu'ils publient du roman noir, des livres au style précieux pour un éditeur qui fait dans le nouveau roman,etc.
A croire que les auteurs envoient leur manuscrit à l'aveuglette, sans avoir fait de recherche préalable ! Non seulement c'est le moyen le plus sûr de recevoir une lettre-type de refus, mais en plus, c'est la meilleure façon de se faire mal voir des éditeurs qui n'apprécient que peu les auteurs ne prenant même pas la peine de se renseigner sur leur ligne éditoriale.
En ce qui me concerne, j'avais "trouvé" les éditeurs potentiels au début de ma rédaction. J'avais lu leurs ouvrages et ils correspondaient à ce que je voulais écrire, je leur ai donc naturellement soumis mon manuscrit.
Je n'ai pas ciblé de grands éditeurs de type Gallimard, Albin Michel and co. Il est de notoriété publique que ces éditeurs-là sont peu enclins à publier des ouvrages d'auteurs inconnus, primo-romanciers ou autres. En général, ils ne les lisent même pas (sauf s'ils sont recommandés, d'où l'importance d'avoir un réseau et des contacts). Ne les blâmons pas pour autant : vu la quantité considérable de manuscrits reçus, il est mathématiquement impossible pour eux de tout lire. Il me paraît donc logique qu'ils privilégient les textes recommandés, ceux émanant de gens qu'ils connaissent ou d'auteurs confirmés, car n'oublions pas que ce sont avant tout des entreprises et que chaque publication est une prise de risques commerciale. Les éditeurs sont donc frileux.
Bref, j'ai envoyé mon manuscrit à 4/5 éditeurs : 3 m'ont répondu oui, les deux autres ne m'ont jamais donné de réponse (l'ont-ils bien reçu ? Lu ?) En définitive, j'ai choisi celui qui me plaisait le plus dans sa manière de faire et ses valeurs.
Je conseille donc aux jeunes auteurs de cibler d'abord les éditeurs de petite ou moyenne taille, à moins qu'ils aient des contacts.
Note : je souhaiterais vous mettre en garde contre ce qu'on appelle les éditeurs "à compte d'auteur" : ils vous demandent une somme d'argent contre la publication de votre livre. Beaucoup d'auteurs en mal de reconnaissance signent ces contrats qui sont de l'arnaque pure. Dites-vous bien qu'un vrai éditeur ne vous demandera pas le moindre centime pour publier votre ouvrage. Fuyez donc toute proposition incluant un versement d'argent, car il ne s'agit en aucun cas d'un éditeur au sens où on l'entend mais d'un imprimeur ou d'un prestataire de service. L'éditeur prend tous les risques commerciaux de votre publication et a à sa charge tous les frais afférents. Il est aussi chargé de votre promotion, ce que font rarement les "éditeurs" à compte d'auteur...
Les "éditeurs" à compte d'auteur, eux, ne prennent aucun risque (puisque vous avez payé tous les frais par votre versement avant publication, ils n'ont même plus besoin de vendre votre livre pour être rentables). C'est d'ailleurs pour cela que les "éditeurs" à compte d'auteur publient à peu près tout le monde, quelle que soit la qualité du manuscrit. Ils font de nombreuses pubs dans les journaux pour attirer leurs auteurs/clients ("cherchons nouveaux auteurs", etc.).

3. Soignez votre envoi et votre lettre de présentation
Ne négligez pas la forme de votre manuscrit : comme pour l'envoi d'un CV, c'est la première impression que vous donnerez. Consultez bien les sites des éditeurs, ils ont souvent des guides de soumission que vous devez respecter, sous peine de ne pas être lu. La lettre d'accompagnement doit permettre au lecteur d'accrocher tout de suite à votre projet : écrivez-la pour "vendre" votre texte mais de manière originale et subtile.
Pas d'envoi fantaisiste, trop mégalo ("mon livre est le meilleur") ou naïf donc (évitez les "ma mère a adoré, mon prof de français de 6e le recommande..."). Si vous avez publié des nouvelles ou des articles, mentionnez-le.
En conclusion : un manuscrit sobre, bien présenté, aéré, paginé, avec toutes vos coordonnées de contact. ; une lettre d'accompagnement précise, percutante, et pas trop longue.

4. Soyez patient (ne harcelez pas les éditeurs)
Une fois vos manuscrits envoyés, armez-vous de patience et attendez sagement les réponses des éditeurs, celles-ci pouvant parfois prendre plusieurs mois. Surtout ne les harcelez pas au téléphone ou par e-mail pour savoir où ça en est, il n'y a rien de plus agaçant pour un éditeur (dont le temps est compté).
Souvent, les réponses favorables ne tardent pas : dans mon cas, j'ai eu une première réponse favorable au bout d'un mois.

Pour conclure, je dirais que l'auteur publié est un être humble, patient, persévérant, passionné - il en faut de l'abnégation pour écrire tous les jours en rentrant de chez soi, le soir -, et déterminé.
Ceux qui ne sont pas assez passionnés n'iront pas au bout de leur projet, les paresseux bâcleront la phase de sélection des éditeurs et feront des envois mal ciblés, ceux qui manquent d'humilité n'accepteront pas la critique de leurs bêta-lecteurs et ne progresseront pas, ceux qui ne persévèrent pas abandonneront après quelques lettres de refus.
Pour finir, je terminerai par le seul et ultime conseil : écrivez et ne vous arrêtez pas. Dans vos phases de découragement, gardez en tête que beaucoup d'auteurs de best-sellers ont mis des années à être publiés...

Bon courage et bonne chance ! :)

Article tiré de : http://www.lovapourrier.com/etre-publie.html

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